Marc
HALINGRE,est né le 5 juillet 1948 à Paris.
Réalisateur-concepteur dans plusieurs agences de publicité de
1970 à 1975, il enseigne parallèlement le dessin
et la peinture et expose pour la première fois en 1978
au Centre Georges Pompidou dans le cadre de la manifestation " LE TEMPS DES GARES ".
En 1979,
il obtient le prix Scheffer décerné
aux peintres ferroviaires.
En plus de la réalisation de ses tableaux, Marc HALINGRE
participe à l'élaboration d'une trentaine de
spots publicitaires TV. Il fait également les
décors du film de Pierre Pommier " LE VOYAGE SANS
RETOUR " diffusé sur Antenne 2 et ceux du feuilleton " CHLOROPHYLLE ".
Il participe à
la réalisation des décors du film de J.P.
Genet " DELICATESSEN " et des décors des
" ENFANTS DU MARAIS " de Jean Becker.
Il a créé le Musée de l'Imaginaire
en 1994.
Il a exposé à la galerie Alain BLONDEL
(Paris) de 1986 à 1992 et à la galerie
Alain DAUNES (Paris) de 1993 à 2002.
Ce fantastique moderne ne vient
pas du surréalisme car il n'exclut nullement la chose
quotidienne : elle lui confère un état second.
Et le romantisme non plus n'y a guère de part : chez
Caspar David Friedrich, la nature répondait aux soupirs
des héros incompris, tandis que, plus tard, chez Arnold
Böcklin, le fantastique síaccompagnait de symboles
: on pouvait lui trouver des justifications. Nos peintres de
cinquante ans n'ont pas besoin de ces correspondances : pour
eux le fantastique est toujours présent, accepté
et en somme glorifié. Sans lui, la vie serait invivable
car il ne les épouvante pas.
On doit trouver une attitude voisine à un peintre de
la même génération, Marc Halingre, qui,
d'emblée, se montre en possession d'un domaine bien à lui
et d'une assurance technique évidente. Les tableaux
constituent une invitation somptueuse à
visiter des demeures jusqu'ici inconnues. Il
peint des palais, ou des bâ ?timents officiels, ou de
grands
établissements commerciaux, qu'un Baltard ou un Piranèse
auraient pu lui conseiller de construire.
Ce n'est pas seulement l'espace qui bascule ainsi dans
l'irréel. Le temps semble toujours double ou
triple : un examen plus approfondi nous révèle
que le passé
et le rêve se juxtaposent à ce qui est
: une vaste projection dans les zones du souvenir d'enfance
et de la psychanalyse, voulue ou non. C'est ce sentiment
de plusieurs données qui s'ajoutent et se détruisent
simultanément, qui finit par nous absorber.
Il n'existe ni clef, ni explication à ce phénomène
: l'ailleurs a sa place ici, et ce qui est voulu devient
présent, mais déjà dans un avenir
entrevu. C'est dire la pertinence de ces visions, amples,
mais castratrices : un assez beau malaise.
On
ne repartira pas indemne de ces demeures où le mystère
s'enrichit de ses propres maléfices confortables. Un
peintre à suivre et à
méditer : tel est Marc Halingre.
ALAIN BOSQUET |